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AURÉLIEN FROMENT / RYAN GANDER
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Of Any Actual Person, Living or Dead De toute personne réelle, vivante ou morte danse

Du 19 novembre 2005 au 14 janvier 2006, du mercredi au samedi (14h – 19h)
Vernissage le 18 novembre 2005 à partir de 18h
Fermeture du 24 décembre au 3 janvier inclus

Les Laboratoires sont heureux de présenter la première exposition réunissant Aurélien Froment (né à Angers en 1976) et Ryan Gander (né à Chester, Grande-Bretagne, en 1976), artistes qui se connaissent depuis une dizaine d’années et partagent des préoccupations communes. Invités à collaborer pour la première fois, ils ont conçu ensemble la structure du projet Of Any Actual Person, Living or Dead / De toute personne réelle, vivante ou morte comme une œuvre-exposition, imaginée et mise en œuvre au cours de leur résidence aux Laboratoires d’Aubervilliers. Agglomérant plusieurs années de travaux et de réflexions en commun, l’exposition, dont tous les éléments ont été spécifiquement produits pour l’occasion, occupe l’ensemble des espaces des Laboratoires, agençant œuvres signées par l’un ou l’autre des artistes, pour se terminer par une pièce où les signatures se confondent délibérément.

Cette dernière salle, accessible au terme d’un parcours labyrinthique, tient de la salle d’archives et du magasin (au sens de stockage) et contient la matérialisation des échanges entre les artistes au cours des deux dernières années, sous la forme d’une édition de 100 000 cartes postales, où sont présentées et commentées des images qui constituent un réseau ouvert d’associations d’idées et de centres d’intérêt. Comme un catalogue en pièces détachées de l’exposition, ces cartes postales évoquent une encyclopédie subjective où se définit – à travers des observations urbaines, des allusions à l’histoire de l’art, au cinéma, à l’architecture ou à l’urbanisme, entre autres – un certain rapport à l’histoire, envisagé à partir de celle des formes : une histoire considérée comme un jeu de construction, comme un enchevêtrement de récits où la fiction ne joue pas un rôle de détour mais de révélateur. Les nombreuses références à la mémoire individuelle et collective, à l’utopie et à ses manifestations concrètes, à l’erreur comme constituante de la construction de l’histoire, et au jeu comme principe moteur de la connaissance, forment les grandes lignes de leur perception et de leur mode de manipulation de la culture.

L’exposition est conçue comme un parcours entre des espaces qui, par moments, construisent du récit par mise en scène et trompe-l’œil, invitant le spectateur à arpenter les salles des Laboratoires selon une circulation redéfinie. Mais elle est avant tout une déambulation dans le temps, actualisant physiquement un rapport concret à l’utopie, comme l’évoque la figure du guide dans le film réalisé par Aurélien Froment, qui persiste à convoquer au présent les événements passés et futurs de la construction d’une chimérique et pourtant réelle cité babylonienne au milieu du désert.
Toutes les parties de l’exposition, à la fois autonomes et en écho allusif les unes avec les autres, représentent les étapes d’un cheminement mental et physique, et laissent entrevoir la multiplicité des échos fictionnels issus de représentations du réel. Les deux artistes ont imaginé cette intervention spécifique de manière à ce qu’elle ne puisse jamais complètement être saisie, mais constituant les coulisses d'autres récits qu’ils invitent le visiteur à imaginer, en activant comme eux un corpus de signes du monde par la traduction et la projection, au sens propre et figuré. François Piron

COMPOSITON DES ESPACES

1er espace : It is guiltRyan Gander
Le premier espace dans lequel le visiteur pénètre est une salle sombre et vide, où se dresse un écran de projection. Alors qu’une bande son semblant provenir d’un film est perceptible, l’écran projette une lumière mouvante mais aucune image n’est vraiment discernable. Le visiteur découvre progressivement qu’il se trouve derrière un écran de cinéma…
Par bien des aspects, c’est le comportement du spectateur, placé dans une situation de frustration et de voyeur illicite, qui constitue l’œuvre : sa curiosité, son appréhension, son désir et ses efforts pour voir.
Le film It is guilt n’a jamais existé, et n’existera jamais. Produit à partir d’un mélange d’éléments provenant de plusieurs scripts superposés, il ne dévoile qu’un récit fantôme provoquant une inquiétante sensation de déjà-vu, ou de déjà-vécu pour le visiteur placé ainsi en position d’aveugle. Il apparaît alors comme une expérience générique, non pas du cinéma mais des capacités du cinéma, agissant comme une illustration de lui-même, offrant assez d’indices pour générer une interprétation mais déjouant toute possibilité de conséquence ou de conclusion.

2eme espace : Projection vidéo - Aurélien Froment

À l’issue d’un corridor capitonné, le spectateur découvre un espace de projection où est projeté un film.
Ce film se déroule à Arcosanti, une ville prototype initiée par l’architecte Paolo Soleri, dont la construction dure depuis plus de trente ans dans le désert de l’Arizona. Un narrateur nous entraîne avec lui dans la découverte de cette ville à la manière d’un guide touristique. Le discours de ce guide a pour but de reconstituer les visions de la ville qui ont précédé ou accompagné sa construction : le programme de l’architecte, les témoignages et les prévisions des habitants-bâtisseurs, le souvenir des visiteurs… Tous ces récits, qui se conjuguent ensemble dans le monologue du guide, dessinent progressivement une image de la ville tout en en épousant les formes : inachevée, simultanément tendue vers l’avenir et archivant son propre passé.
La trajectoire du guide est quasiment circulaire, suggérant l’entropie qui caractérise le projet de Soleri et le cycle qui s’y est mis en place depuis sa création. Cette distorsion de la perception du temps se traduit par une lumière égale qui plonge le film dans la permanence d’une journée sans fin. Le film prend ainsi le parti de l’uchronie en installant le spectateur dans un temps indéterminé, dans un avenir proche ou dans une autre dimension - coupé temporellement et temporairement du monde, à l’instar de cette communauté qui s’est isolée en s’installant dans le désert.

3eme espace : Aurélien Froment / Ryan Gander

Le dernier espace procède des recherches combinées des deux artistes. Dans les rapports qui peuvent s’instaurer entre les différents éléments qui le composent, cet espace dans son intégralité offre les conditions pour que d’hypothétiques relations et associations d’idées soient mises en place par les visiteurs.

Les murs sont revêtus de panneaux d’isorel perforé, un matériau fréquemment utilisé tant pour ses qualités acoustiques que pour les possibilités qu’il offre à l’accrochage de présentoirs ou de documents. Le sol est recouvert d’un parquet constitué d’une multitude de blocs de bois assemblés selon plusieurs motifs génériques. Dans un coin de la salle, quelques blocs supplémentaires sont empilés contre le mur. Ce projet est une réinterprétation par Ryan Gander d’un travail antérieur d’Aurélien Froment qui consistait à présenter dans l’espace d’une galerie un ensemble similaire de pièces de bois, laissé à disposition des visiteurs, sans consigne ni règle de jeu.
Des cartons remplis de cartes postales, certains ouverts, d’autres encore fermés, sont disposés au sol. Les visiteurs sont invités à en explorer le contenu. Ils ont également la liberté d’emporter quelques cartes. Un jeu complet se compose de cent cartes différentes – la moitié produite par Ryan Gander, l’autre par Aurélien Froment, sans que les cartes identifient leur auteur. Chaque carte présente une photo au recto et un texte au verso venant commenter l’image et les possibles liens qui l’unissent à l’ensemble.

Production : Les Laboratoires d’Aubervilliers. Avec le soutien du British Council, de STORE (Londres) et de Sennheiser. Remerciements au Théâtre de la Commune d’Aubervilliers. Aurélien Froment a obtenu le soutien du Fiacre (allocation de recherche) 2003

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RYAN GANDER
Né en 1976 à Chester. Vit et travaille à Londres

Formation
2001-2002 Post-Graduate Fine Art Participant - Rijksakedemie van beeldende
kunsten, Amsterdam,NL

1999-2000 Post-Graduate Fine Art Research Participant - Jan van Eyck Akademie, Maastricht, NL

1996-1999 First Class Degree, BA (Hons) Interactive Art - Manchester Metropolitan University, Manchester, UK

Expositions personnelles
2005 Artists Space, New York De toute personne réelle, vivante ou morte, Les Laboratoires, avec Aurélien Froment, Aubervilliers
Art Basel Statements avec la galerie Annet Gelink, Bâle
Somewhere between 1886 and 2030, Store, Londres

2004 Cornerhouse, Manchester
But it was all green, Annet Gelink Gallery, Amsterdam
La Gallerie dans ma Poche, Leeds et Londres

2003 But it was all green, Store, Londres
The Death of Abbé Faria, Stedelijk Museum Bureau, Amsterdam
 
2002 Marie Aurore Sorry, The International 3, Manchester
 In Return, (avec Shahryar Nashat), Centre Pasquart, Bienne

Expositions collectives
2005 Jaybird, ZERO... Milan
T1 Triennial, Castello di Rivoli Museo d'Arte Contemporanea, Turin
Free Library, M + R Gallery, Londres
Spectator T, Sheffield
Romance – A Novel, Cristina Guerra Contemporary Art, Lisbonne
GB Agency, Paris
Invisible Script (A Letter to Morel), W139, Amsterdam
Becks Futures, CCA, Glasgow; Londres
In This Colony, Vijfhuizen
Project Room, Spazio Lima, Milan
The World, Abridged, Kettles Yard, Cambridge

2004 Romantic Detachment, PS1, New York; Chapter arts, Cardiff; Q Arts, Dreby;
Folly Gallery, Lancaster
Summer Pursuits, Store, Londres
Loose Associations, Centre Pompidou, Paris, Foksal Gallery, Varsovie

2003 Catch Me, Onufri, National Gallery of Albania
Tourette's, W139, Amsterdam
RDV, Résonance, Galerie des Terreaux, Lyon Biennale, Lyon
Prix de Rome Winner (National Netherlands Sculpture Prize),
Gem, Museum voor Actuele Kunst, Den Haag
Grizedale Artist in Residence, Cumbria

2002 Unloaded, (Disused Military Bunkers), Oberschan

2001 Record Collection, Forde Gallery, Genève
In a language, Project ruimte zuid en oost, Amsterdam
Year of the Artist Residency, The Lowry, Manchester

2000 Square City, Holden Gallery, Manchester
Goethe’s Oak Has Woodworm, Static Gallery, Liverpool
Unfortunately Last Sunday, Museum Het Domain, Sittard
Free Space, Nieuw Internationaal Cultureel Centrum, Antwerpen

Publications
2005 Time Out, This is the future. Helen Stumper, No. 1834
Paris-Art, « Petites Compositions entre amis », Alexandre Quoi
Exit Express, « Gander at gb agency », Guillaume Désanges, juin 2005
Tema Celeste Feature, Daniella Perra, Issue 110, juillet 2005
The Observer, « Tales from the shanty town », Laura Cumming, mars 2005
The Guardian, « Say it with Flowers », Adrian Searle, mars 2005
The Independent, « A Very Tidy Show Indeed », Charles Darwent, mars 2005
The Sunday Times, « It Should Fizz, Waldemar Januszczak », mars 2005
The Daily Telegraph, « Futures Imperfect », Serena Davies, mars 2005
The Guardian, « The Chain Gang », Ryan Gander, mars 2005

2004 Frieze, Feature, (Mark Beasley) octobre 2004
Dot dot dot Magazine, « The boy part two », (Ryan Gander) aout 2004
Trouble, « On Roleplay », (Ryan Gander) in English, On Roleplay, Sept
Trouble, « Loose Associations and On Roleplay », (Ryan Gander), mai 2004
SHU Degree Catalogue, Introductory Text, (Ryan Gander) juin
We Show Art, Stedelijk Museum Bureau Amsterdam
Freefall, Arts Council England International Fellowships (Ryan Gander)
Art Forum, (Rachel Withers) février 2004

2003 Metropolis M, « On Tino Sehgal », (Ryan Gander), No 6
Dot dot dot Magazine, « The boy part one » (Ryan Gander) Dec 2003
Graphic Magazine, « Appendix », (Ryan Gander et Stuart Bailey), No 2
Metropolis M, « Notes on Nothing », (Ryan Gander) No 5
Stedelijk Bureau Newsletter, (Matthew Higgs) mars 2003
Stedelijk Museum Bulletin Magazine, (Jelle Bouwhuis) mars 2003
Dot dot dot Magazine, « Loose Associations », (Ryan Gander) août 2003

2002 Dot dot dot Magazine, « The Man », (Ryan Gander) août 2002
Untitled Magazine, (Miria Swain), été 2003
Everything Magazine, (Ryan Gander) Issue 4, été 2002
Flux Magazine, (Mick Robertson) #31 juin 2002
City Life, (Tim Birch) avril 2002

2001 Tubelight #18, (Arne Hendrixend) Dec 2001
Issues, Jan van Eyck Editions, (Ryan Gander) Nov 2001
Metropolis M Cover, (Ryan Gander) No 5 Oct-Nov 2001
Dot dot dot Magazine, « On Roleplay », (Ryan Gander), août 2001
Flux Magazine, (Jane Griffiths) #24 Avr-mai

Publications d’artiste / Monographies
2005 From The Alpinist, Fort Vijfhuizen / Artimo
It’s Like the Spoilt Brat of the Dictionary..., STORE, (avec Alice Fisher)

2004 The Boy that always looked up, Cornerhouse, (avec Sara De Bondt)

2003 Appendix, Artimo (avec Stuart Bailey)

2002 In a language you don’t understand, (avec Sara De Bondt)

Prix
2005 Baloise Art Statements Prize, Basel Art Fair, CH
Beck’s Futures Shortlist, ICA, London, UK

2004 Cocheme Fellowship, Byam Shaw School of Art, London, UK

2003 Prix De Rome for Sculpture, NL

2001-2003 Arts Council of England International Fellowship, UK

AURÉLIEN FROMENT
Né à Angers, France, 1976. Vit et travaille à Paris

Formation
2000 École régionale des Beaux-Arts, Nantes, DNSEP

1999 Manchester Metropolitan University, Manchester

1998 École régionale des Beaux-Arts, Nantes, DNAP

1995 École régionale des Beaux-Arts, Rennes

Expositions personnelles
2005 De toute personne réelle, vivante ou morte,
Les Laboratoires d’Aubervilliers, avec Ryan Gander, Aubervilliers

2002 Prochainement, Musée des Beaux-Arts, Mulhouse
Double, avec Hervé Coqueret, Alaplage, Toulouse

2001 Debuilding, Galerie de l’École des Beaux-Arts, Nantes
When No One Is Watching Us We Are Invisible, Esmudis, Mexico Expositions collectives

2005 Rendez-Vous, Musée d’art contemporain, Lyon
Territoires inconnus, Braquage, Nuit blanche, Paris

2003 Games, hARTware Projekte, Dortmund
Pale Fire, Centre national de la photographie, Paris et Lyon

2002 Promotion, Espace Paul Ricard, Paris
 
2001 Mulhouse 001, Parc des expositions, Mulhouse

2000 Sublime, Duende Activiteiten, Rotterdam
Copyright Copywrong, avec Patrice Gaillard, Nantes, Le Mans et Saint-Nazaire

Programmations vidéo (sélection)
2004 Film und Arkitektur, Brotfabrik, Berlin

2001 Inadaptation, festival vidéo art plastique, Hérouville
No Foot Last Night, Palais de Tokyo, Paris
Autour de l’œuvre de Robin Collyer, Frac Basse-Normandie

2000 Version_2000, Centre pour l’image contemporaine, Genève
Le meilleur des mondes, Musée d’art contemporain, Lyon
Plan B, hARTware Projekte, Dortmund

1998 Halleluyah les bobines, Braquage, Paris
La vidéothèque éphèmère, Videonale 8, Bonn

Publications
2003 L’Archipel, avec Pierre Leguillon, in catalogue Pale Fire
Arcos
anti et la Fondation Cosanti, in Purple n°15, printemps–été

2002 2030, agenda

Bibliographie
2003 Gerhard Kremer, L’île, entretien in Journal du Cnp n°19, Paris

2002 Claire Jacquet, Debuilding, in 02 n°20, Nantes

2000 Iris Dressler et Hans D. Christ, Sublime (catalogue), Rotterdam

Bourse, résidence, prix
2005 Résidence aux laboratoires d’Aubervilliers
Résidence avec Irma Vep Lab, Chatillon/Marne

2002 Allocation de recherche, ministère de la culture (Fiacre)
Résidence à Moly Sabata, Fondation Albert Gleizes et Centre national de la photographie

2001 Prix de la jeune création Mulhouse 001, foire des écoles d’art

Collection publique
2003 Fonds national d’art contemporain
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